En parallèle avec
-Elle- Un hurlement. Des cris. Le martèlement de mes pieds nus contre le sol dur et froid, enduit de feuille morte.
Pourquoi l'empereur, mon oncle, a-t-il soudainement décidé de m'éliminer ?
Un deuxième hurlement. Le bruit de mon souffle court. Les chardons, les orties et autres herbes piquantes me font mal, mais je ne dois pas m'arrêter. La tête me tourne et mes pieds me font terriblement souffrir, mais je dois continuer.
Nouveau hurlement, rafale de cris. Je ne vois pas grand-chose à cause de l'obscurité, mais je dois faire avec. Je ne sais pendant combien de temps il me faudra encore tenir, mais cela aussi m'importe peu.
Les bruits se rapprochent et je redouble d'effort pour ne pas m'arrêter. Je n'ai pas d'autre choix que de courir. J'en ai presque la nausée, mais je résiste, je lutte.
La forêt s'obscurcit encore un peu plus. Je fais de mon mieux pour éviter les arbres. Je ne sais même plus depuis combien de temps je suis comme ça, et seule ma peur me permet de tenir.
Des larmes brûlantes coulent le long de mes joues. J'ai tout laissé derrière moi. Tout.
Je n'ose pas me retourner, les bruits des chiens-loups et des sabots des chevaux me suffisent.
Ils se rapprochent. Je suis perdue. Un buisson de ronce que je ne peux éviter me déchire la peau de mon bras droit.
Désormais, les seuls bruits que j'entends sont ceux des hurlement proches, du souffle des chevaux et le crissement des feuilles. Plus de voix. Je suis seule avec mes poursuivants à mes trousses.
J'ai envie de crier à pleins poumons, de demander de l'aide, mais c'est impossible. Pour me rassurer, je serre très fort le petit poignard dans ma main gauche, bien que si j'échoue, il ne me servira pas à grand-chose.
Mes cheveux s'accrochent à une branche et ma tresse se défait. J'ai mal, je souffre, mais pourtant, je continue.
Une chouette passe au dessus de ma tête, avant de monter en chandelle vers la lune. Moi, je ne vois que du noir et distingue tout juste assez les arbres.
Hurlement. Cris. Souffle heurté. Violent orage. Bruits de sabots.
Me voila faite.
Non. Le cheval se place à côté de moi, sans cavalier, ni harnachement. J'agrippe sa longue crinière blanche, prends de l'élan et saute sur son dos. A peine installée, je donne un léger coup de talon dans ses flans, à bout de force. Un grondement sourd se fait entendre dernière moi.
Pendant environ une mille, le cheval blanc me transporte, puis il s'arrête brusquement et s'écroule par terre, transpercé par trois flèches aiguisées.
Je veux me retourner vers lui, mais une voix m'ordonne de fuir. Malgré mes muscles endolorit, je recommence ma course.
Mes poings sont tellement crispés que mes ongles s'enfoncent dans ma peau. De nouveau, des bruits se font entendre derrière moi, mais cette fois, ils ne s'arrêteront pas, je le sais.
Je m'arrête brutalement. Devant moi, il y avait une ombre qui me fixe. Terrifiée, je lâche mon poignard qui tombe sur le sol dans un bruit feutré. Je tremble de tous mes membres.
Je vais mourir, je le sais.
Les autres se rapprochent. Dans une dernière prière, je perds connaissance, alors que les éclairs zèbrent le ciel sombre et que les hurlements déchirent le silence de la nuit.